Table ronde « open badges » : écosystème, valeurs et co-construction
 

Table ronde « open badges » : écosystème, valeurs et co-construction

par Kogito. Le 04/03/21 10:47. Localisation : 18, 28, 36, 37, 41, 45.
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Retour sur ce troisième atelier en ligne consacré à « l'intégration des open badges dans un dispositif de formation ».

Comment ancrer les badges sur un territoire ? Quelle organisation pour expérimenter et mettre en place ce dispositif ? Quels parcours et expériences pour les utilisateurs des open badges ? Quelle est la valeur d'un Open badge ? Voilà les quatre questions qui ont rythmé la table ronde du 18 janvier consacrée aux open badges. Il s'agissait du troisième rendez-vous consacré à « l'intégration des open badges dans un dispositif de formation » organisé par l'équipe d'animation et de professionnalisation Libres savoirs. Destinée à rassembler les acteurs du territoire et à favoriser la mise en œuvre d'« initiatives badges », cette table ronde a réuni une dizaine de représentants d'organismes de formation du Réseau Libres savoirs. Le programme de la journée s'est articulé autour des interventions de quatre invités : Mathieu Muselet, délégué numérique à la Ligue de l'Enseignement 37 et animateur du réseau "Badgeons le Centre-Val de Loire" ; Pascal Raoult, vice-président chargé de La vie étudiante à l'Université de Tours ; Stany Bomet, médiateur de ressources et de services au Réseau Canopé 41 ; et Amélie Bouquain, conseillère en formation continue au sein du réseau Greta de Normandie. Les interventions ont été ponctuées de nombreux échanges et questions techniques ou méthodologiques sur des sujets comme l'hébergement des badges, les différents niveaux d'endossement, le processus d'attribution...

Co-construire les badges à l'échelle du territoire

Premier intervenant de la journée, Mathieu Muselet a d'abord rappelé des éléments importants autour des open badges et de leur élaboration : ils doivent être co-construit à l'échelle du territoire, autour d'usages et dans un contexte donné. Il explique ensuite que pour ancrer les badges sur un territoire « il faut un groupe de pilotage et y inviter tous ceux qui souhaitent travailler sur le sujet. Il faut également réfléchir aux personnes qui peuvent s'en servir : les badges sont centrés sur le bénéficiaire par l'organisation. » Comme exemple, Mathieu Muselet cite la ville de Blois (41) qui a créé des badges pour permettre aux jeunes de valoriser leurs expériences dans le cadre du Forum Job d'été de l'année dernière. Tous les intervenants ont par ailleurs souligné que l'important est de co-construire les badges et d'avoir une communauté autour.

Pascal Raoult a conclu la matinée en présentant l'expérimentation open badges de l'Université de Tours : « L'objectif était de reconnaître l'engagement des étudiants, de valoriser leurs parcours et de faire émerger les qualités et savoirs qu'ils ont acquis sans s'en rendre compte. » La construction de la démarche de l'Université s'est déroulée en trois phases : au mois de janvier 2018, une première rencontre informelle entre étudiants et personnels pour partager leurs expériences et imaginer un badge ; la création d'un comité technique au mois de novembre 2018, puis des temps de co-construction en petits groupes jusqu'au mois de mars 2019 ; et, enfin depuis mai 2019, la mise à disposition de 18 open badges. Par ailleurs, pour accompagner les étudiants dans le processus d’explicitation de leurs expériences, des enseignants et des personnels BIATSS* ont été formés à la « médiation de badges ».

L'après-midi a débuté par l'intervention de Stany Bomet. Le médiateur de ressources et de services a présenté le dispositif open badge créé par le réseau Canopé : la Fabrique open badges. « L'idée était de constituer un collectif d'acteurs pour concevoir une collection d'open badges afin de reconnaître et valoriser les compétences et l'engagement des enseignants participant à nos ateliers et projets. » Stany Bomet souligne également que la démarche a permis au Réseau Canopé de connaître l'impact de leurs formations, au travers des « preuves » qu'il est nécessaire d'apporter pour obtenir un badge. Il détaille ensuite l'architecture des badges Canopé : les 9 actions (Capacité, Réussite, Participation, Adhésion...) qui permettent d'obtenir un badge, les quatre niveaux existants (initié, acteur, expert et architecte) et les métadonnées (connaissances, savoir-faire et savoir-être mobilisés). « Les premières expérimentations ont été menées par un groupe d'experts de Chasseneuil (86). Ils ont également créé un document collaboratif qui permet à chaque personne du Réseau de construire un ou des badges, en lien avec leurs ateliers de formation, en suivant l'architecture définie. » Stany Bomet précise enfin que « cette démarche a pris deux ans et n'est toujours pas terminée : nous continuons à faire évoluer nos badges. »

« De l'écosystème va dépendre la valeur des open badges »

Dernière intervenante de la journée, Amélie Bouquain a abordé une notion fondamentale pour assurer la valeur des opens badges : l'endossement. « L'endossement d'un badge est similaire à la recommandation des compétences sur LinkedIn, la dimension réseau et écosystème d'acteurs autour des badges est donc essentielle. L'endossement se fait à deux niveaux : celui des bénéficiaires, on fait endosser le badge obtenu ; et celui des organismes, on fait endosser les badges émis. » Amélie Bouquain ajoute également que « les endossements permettent de construire et consolider l'écosystème, les collectifs et individus qui s'intéressent et s'approprient les badges. Or de l'écosystème va dépendre la valeur des open badges. » En conclusion, elle livre différents conseils pour le déploiement des open badges : définir une stratégie, avoir si possible une concertation entre les acteurs du territoire pour leur conception, prendre en compte les utilisateurs et les usages, professionnaliser et accompagner les équipes pédagogiques... Elle insiste une nouvelle fois sur l'importance de l'écosystème : « S'il est préexistant à la conception, la reconnaissance et la valeur des badges co-créés seront facilitées. »

* Bibliothèques, Ingénieurs, Administratifs, Techniques, Sociaux et santé