Comment limiter le décrochage des apprenants en formation ?
 

Comment limiter le décrochage des apprenants en formation ?

par Kogito. Le 10/07/20 17:40. Localisation : 18, 28, 36, 37, 41, 45.
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Le jeudi 25 juin, l'équipe d'animation et de professionnalisation Libres savoirs organisait un atelier en ligne consacré au décrochage des apprenants. Retour sur cette journée à la fois ludique et technique.

Comprendre les facteurs de décrochage et identifier les bonnes pratiques pour le limiter et favoriser le maintien en formation des apprenants. Voilà les objectifs de l'atelier du 25 juin animé par Anita Mezard, responsable de l'accompagnement technique et référente de la professionnalisation Libres savoirs, et Aurélie Avezard, coordinatrice pédagogique de l'équipe d'animation et de professionnalisation Libres savoirs. Une quinzaine de formateurs, de responsables ou de coordinateurs pédagogiques ont participé à cette classe virtuelle organisée de 9h30 à 16h30 par l'équipe d'animation et de professionnalisation Libres savoirs. Très riche, le rendez-vous en ligne a rencontré un franc succès et reçu des retours très positifs. Au programme de la journée : échanges sur les représentations du décrochage, point sur les bonnes pratiques pour le limiter, présentation du projet européen De-Drop (Developing the motivation of adults at risk of drop-out*) et de ses premiers résultats, méthodologies d'analyse des causes du décrochage...

Des photos pour définir le décrochage

Pour initier les échanges, l'atelier a débuté par un tour de table sur les représentations du décrochage en utilisant la technique du photolangage. En amont du rendez-vous, les participants devaient sélectionner parmi de nombreuses photos celles qui représentaient le mieux pour eux la définition du décrochage, les raisons du décrochage au sein de leur organisme, et la manière dont se traduit le décrochage. Par exemple, pour évoquer l'immobilité de l'apprenant en situation de décrochage, une photo de bateau échoué a été choisie, des photos de pièces de monnaie et de familles ont permis de souligner que le cadre familial (garde d'enfant, divorce...) et la précarité peuvent être des causes du décrochage. Une photo de rails de train partant dans plusieurs directions a illustré l'importance de bien aiguiller l'apprenant pour qu'il ne se retrouve pas perdu ou dans une voie de garage... Ce temps ludique a permis aux participants de partager des expériences de décrochages et de se rendre compte que les causes sont souvent les mêmes : problèmes socio-économiques et/ou socio-culturels, environnement familial...

De-Drop : recenser les bonnes pratiques pour limiter le décrochage

L'atelier s'est poursuivi par le temps fort de la journée : la présentation de De-Drop par le porteur de ce projet Erasmus +, l’Institut Supérieur de Formation Continue d'Etterbeek (ISFCE - Belgique). Mathilde Vandamme, directrice adjointe et coordinatrice qualité et projets pédagogiques de l'ISFCE, Cécile Watelet, professeure de néerlandais et coordinatrice Erasmus +, et Jorn Vanweddingen, professeur de néerlandais, anglais et français et coordinateur pédagogique, sont ainsi intervenus au cours de l'atelier. Réunissant 4 partenaires européens**, dont le GIP FTVL-IP, De-Drop a pour objectif « d'identifier les causes qui peuvent favoriser l'abandon des stagiaires et de recenser les bonnes pratiques pour limiter le décrochage » a expliqué Jorn Vanweddingen. L'intervention des partenaires belges a aussi été l'occasion de présenter des bonnes pratiques identifiées. Elles se répartissent en trois catégories : « La relation avec les étudiants », « Les apprentissages » et « L'environnement de travail ». Créer une relation de confiance avec les étudiants, avoir une posture d'écoute et de bienveillance, favoriser l'esprit de groupe, expliquer que se tromper fait partie de l'apprentissage, utiliser des applications ludiques, inviter des intervenants extérieurs, avoir des locaux propres et agréables... Autant d'exemples évoqués afin de limiter le décrochage.

Comment analyser les causes du décrochage ?

L'après-midi, l'atelier a repris avec un quizz autour de la précarité, facteur pouvant favoriser le décrochage. Souvent surprenantes, les réponses ont provoqué de nouveaux échanges, notamment autour du rôle du formateur en tant que maillon de la chaîne de l'accompagnement social. Enfin, le reste de l'après-midi a été consacré à la présentation de la méthodologie utilisée par le projet De-Drop pour analyser les causes du décrochage. Chaque partenaire a mené des ateliers avec des apprenants sous la forme de World cafés. Cette technique d'animation vise à recueillir la parole des participants (point de vue, ressentis, craintes…) par rapport à une situation ou une expérience. En France, le GIP FTVL-IP a organisé deux ateliers de ce type : d'abord auprès d'un public de jeunes inscrit dans le dispositif Assure ton année, puis d'un public d'adultes orientés par Pôle emploi dans une formation aux premiers gestes de l'industrie. Les résultats des deux World cafés ont ensuite servi à la création d'un « arbre des causes », un outil qui permet de mettre en relation les causes et les effets d'une problématique. Enfin, ces outils et méthodes ont abouti à de nombreuses bonnes pratiques et solutions qui sont actuellement testées par les partenaires de De-Drop. Les résultats seront présentés en juin 2021 à l'occasion d'un séminaire de clôture auquel seront conviés les acteurs du réseau Libres savoirs.

*Drop-out : décrochage
** l’Institut Supérieur de Formation Continue d'Etterbeek (Belgique), le GIP FTVL-IP (France), l’Université des sciences de Budapest (Hongrie) et l’Université d’Aruba (Pays Bas)


Pour aller plus loin
« Le désarroi face à ses problèmes engendre de la démotivation puis le décrochage »
Revoir l'atelier et support de présentation de l'atelier
+ d'infos sur le projet De-Drop