Visa Trois en un à distance : "Une réponse personnalisée à mes besoins"
 

Visa Trois en un à distance : "Une réponse personnalisée à mes besoins"

par Kogito. Le 30/04/20 11:42. Localisation : 37.
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Avec le confinement, les organismes de formation ont dû s’adapter. Parmi eux, Entraide et solidarités propose désormais des formations Visa Trois en un (français, maths et sciences humaines) à distance avec une méthodologie renouvelée.

"La formation m’apporte de l’assurance et de l’estime de soi. Je suis moins gênée quand j’écris ou quand je prononce mal certains mots. Ma responsable voit que je fais des efforts pour m’améliorer et cela permet une bonne ambiance au travail. Je suis aussi un peu moins stressée." Ces mots, ce sont ceux de Kawadi, qui suit actuellement un Visa Trois en un avec Entraide et solidarités, un organisme de formation de Tours (37). Agent polyvalent dans un Ehpad, elle travaille à l’accueil et aide ses collègues pour certains soins et activités auprès des personnes âgées. Avec ce Visa, cette apprenante de 39 ans a pour objectif de développer et acquérir de nouvelles connaissances et compétences afin de pouvoir s’inscrire dans une formation qualifiante, tel qu’un BTS Employé administratif.

En mars 2020, Kawadi s’est inscrite à une formation Visa Trois en un car elle reconnaît avoir des difficultés en orthographe, sur certaines notions de grammaire, sur l’élaboration de certaines phrases formelles mais aussi sur la prononciation de certains mots. "Je participe à ce Visa principalement pour mon travail mais aussi pour améliorer mes capacités et évoluer. Je souhaite apprendre à mieux écrire, améliorer ma façon de parler et utiliser un vocabulaire plus élaboré et adapté dans le cadre du travail." Elle suit désormais les cours depuis chez elle, à Joué-lès-Tours.

Depuis l’annonce du confinement, Entraide et solidarités a décidé d’amplifier son action FOAD* et propose des Visas Trois en un à distance à quelque quarante apprenants. "Nous faisons des Visas Trois en un à distance pour le code de la route, la remise à niveau et l’apprentissage du français" précise Nathalie Dréano, directrice du pôle Insertion des réfugiés et formation. Si l’organisme proposait déjà quelques cours à distance, cela ne constituait pas la majeure partie de son travail : "Avant nous étions habitués à faire 40 heures de présentiel et 40 heures de formation à distance, ce qui faisait que notre public venait deux demi-journées au centre de formation et réalisait une demi-journée en formation à distance. Aujourd’hui nous avons dû nous adapter."

Une organisation et une communication repensées

Cette adaptation concerne notamment la communication entre les neuf formateurs et les stagiaires de la formation professionnelle ainsi que leur organisation. "Aujourd’hui les apprenants se connectent quand ils le veulent à la plateforme Syfadis. Ils ont une série d’exercices à faire, le formateur les corrige et en milieu de semaine nous appelons pour voir s’il y a un problème de compréhension, un blocage ou si les apprenants ont besoin d’aide. De notre côté, nous assurons un suivi journalier à travers la plateforme" explique Nathalie Dréano. Les formateurs peuvent notamment savoir combien de temps un apprenant reste sur un exercice. "Si nous constatons que de nombreuses personnes bloquent, qu’elles passent trop de temps sur un exercice, c’est que nous devons nous remettre en question. L’exercice n’est pas adapté. Si nous avons une seule personne pour qui l’exercice a pris beaucoup de temps, il peut s’agir d’un oubli de déconnexion mais nous le savons vite. Syfadis nous aide à nous adapter" poursuit-elle.

De son côté, Kawadi admet travailler un peu plus depuis qu’elle est confinée. Elle s’accorde du temps deux à trois fois par semaine – contre une fois auparavant – pour réviser ses cours, faire de la conjugaison et lire. Pour cela, elle utilise Internet, les Bescherelle et fait les exercices proposés sur Syfadis. La Jocondienne insiste aussi sur le fait que les communications entre formateurs et apprenants sont plus régulières. "On communique à un rythme soutenu. Les mails sont réguliers et nous prenons rendez-vous par téléphone pour les corrections une fois par semaine" indique-t-elle.

Si elle demande de l’adaptation, cette formation à distance semble avoir des avantages pour Kawadi : "Habituellement nous sommes en groupe et c’est plutôt agréable et instructif mais là c’est aussi génial et très formateur. C’est personnalisé et cela répond plus à mes besoins. Ma formatrice a ciblé mes lacunes, nous travaillons dessus et je progresse. Je suis super motivée" constate-t-elle. Et d’ajouter : "Virginie est géniale, patiente, sans jugement ou reproche et elle s’adapte à chacun de nous."

En effet, l’approche pédagogique des formateurs a aussi dû être modifiée. "C’est une réflexion différente puisque nous sommes désormais dans une progression à distance. Cela nécessite de repenser sa façon de faire, affirme Nathalie Dréano. L’apprenant est seul devant son ordinateur. Il faut à la fois qu’il y ait une progression, un apport de connaissances de préférence pas trop long et un exercice pas décourageant. Quand vous êtes face à un apprenant en difficulté, vous pouvez expliquer, reprendre, alors que là il faut toujours se mettre à la place de la personne qui est devant l’écran. Il faut donc varier les activités et favoriser un sentiment de progression."

* La formation ouverte et à distance est partie intégrante du programme Visas Libres savoirs depuis 2012